LE JARDIN DE JACKIE -
Retourner la terre... ou non ?

            On a coutume de retourner la terre avant toute mise en culture. C'est ce que l'on appelle le bêchage. Mais quelle est la justification de ce geste très ancré ?
Regardons autour de nous, et prenons exemple sur la nature : dans la Nature, les plantes poussent fort bien. Or, personne ne travaille le sol ! Et que dire des arbres majestueux de la forêt ? Pensez-vous qu'ils n'ont pas besoin d'un sol fertile pour pousser ?
Baissons nous un peu et regardons cette terre de plus près : la terre n'est pas un simple « support de culture ». C'est un milieu vivant !
En simplifiant, c'est une chaîne qui se compose de la façon suivante :
  • matière organique (feuilles, brins d'herbe, BRF ou compost) sur et dans le sol
  • de l'air et de l'eau qui permettent la dégradation de cette matière organique
  • des vers de terre, qui s'attaquent à cette matière organique et la transportent en profondeur
  • des micro-organismes, enfin, qui dégradent les rejets des lombrics et les transforment en nutriments assimilables par les végétaux.
Voilà qui conduit à se poser des questions...

Le sol est vivant :

            La terre n'est pas un simple « support de culture ». C'est un milieu vivant !
En simplifiant, c'est une chaîne qui se compose de la façon suivante :
  • matière organique (feuilles, brins d'herbe, BRF ou compost) sur et dans le sol
  • de l'air et de l'eau qui permettent la dégradation de cette matière organique
  • des vers de terre, qui s'attaquent à cette matière organique et la transportent en profondeur
  • des micro-organismes, enfin, qui dégradent les rejets des lombrics et les transforment en nutriments assimilables par les végétaux.

             N'oublions pas l'importance de l'air, souvent négligé. Le même que vous apportez au cœur du tas de compost lorsqu'on vous le retournez ! Sans lui, pas de dégradation de la matière organique...

            Connaître cette chaîne, la respecter et l'encourager constitue un moyen efficace et beaucoup moins fatigant de créer et conserver au fil des années un sol fertile et propre à la culture. Cela impose de revoir certains comportements...
  • Plutôt qu'apporter des engrais aux plantes, nourrissez la terre, en incorporant de la matière organique. C'est le principe du Bois Raméal Fragmenté (BRF); également celui de l'enfouissement des engrais verts.
  • Évitez les piétinements répétés, qui tassent le sol. Créez des allées, posez des planches au milieu des massifs.
  • Paillez la terre : elle est ainsi protégée des pluies qui la compactent. Ne laissez jamais nue une parcelle non travaillée. Recouvrez-la d'un paillis de feuilles mortes, ou mieux semez un engrais vert.
  • Préférez la binette ou la griffe à la bêche : elles travaillent en surface et ne déstructurent pas le sol et pour « décompacter » un peu plus profond, utilisez la grelinette ou la bio-fourche qui aère le sol jusqu'à une vingtaine de cm, sans retourner la terre, plustôt que d'utiliser des engins plus destructeur tels que motoculteurs, moto-bêches etc...



             Pour vous en convaincre encore un peu plus, regardons ce qui s'est passé dans les grandes plaines de culture céréalière (comme la Beauce par exemple). A grands coups de labours souvent très profonds, jusqu'à plus de 40cm, les agriculteurs ont épuisés les sols et pour maintenir les rendements à l'hectare, ils sont amené à augmenter de plus en plus les quantités d'engrais, au détriment de la qualité de l'eau qui elle se dégrade de plus en plus.      
            Certains d'entre-eux reviennent à des méthodes plus raisonnable : après fauchage, un simple enfouissement de la paille, et un léger travail de surface suffisent avant de remettre en culture.
             Je vais maintenant vous faire part de mon expérience personnelle. Nous avons acquis cette maison avec ce grand jardin il y a maintenant quinze ans. Quand nous sommes arrivés, cela faisait déjà plusieurs années que le terrain n'était plus cultivé, et il a fallu tout reprendre à zéro. N'étant pas encore à la retraite, et disposant de peu de temps, j'ai acheté un motoculteur et j'ai retourné le terrain. Ensuite, après hersage, j'ai délimité mes futures planches. Au printemps suivant, j'ai mis en culture, en laissant pousser l'herbe sauvage entre les planches.
              Les années suivantes, je me contentais d'une grosse moto-bineuse. Puis depuis trois ans, j'ai adopté des méthodes plus douces et plus naturelles. Maintenant, au printemps, je n'ai plus besoin que d'une petite bineuse électrique : comment en suis je arrivé là ? Tout simplement : pas un seul cm2 ne reste à nu pendant toute l'année.

En février – mars, toutes les parcelles qui ne vont pas être immédiatement utilisées sont (ou reste) couvertes : paillage restant de la saison précédente, ou semis d'engrais vert (de préférence des cultures dont les racines travaillent la terre en profondeur)

Avril à septembre, paillage systématique de toutes les planches cultivées (attention, on ne peut toutefois pas pailler toutes les cultures : voir la rubrique « paillage »)

Octobre et Novembre, les planches libres sont recouvertes par épandage du compost qui restera tel quel jusqu'au printemps ;
Novembre décembre:semis d'engrais vert qui resteront sur le sol après avoir été fauchés et broyés.

Et au printemps suivant, on se retrouve avec une terre souple et bien aérée, qui se travaille facilement avec du matériel léger : crochet, petite bineuse pour briser les éventuelles mottes qui ont résisté au gel de l'hiver.



Un outil à adopter : léger, pas cher, et qui peut rapporter gros

Grelinette, tarabatte, aérobèche, biogrif... Autant de noms différents pour cette « bio-fourche » qui vise à ameublir la terre sans la retourner. On plante ses dents dans le sol, puis l'on tire les 2 manches à soi. La terre est décompactée et aérée, sans retournement. Le tout sans se pencher... Adieu le mal de dos !